Margaux Vie is a ceramic artist. Trained at the Beaux-Arts in Toulouse, she began her artistic practice through photography and graphic design. She first worked in the field of image-making, creating for others within a digital environment driven by the acceleration of networks. This pace, marked by visual saturation and rapid temporality, created a deep dissonance with her own sensibility. Unable to fully exist within a purely virtual space, she turned toward other mediums. Her encounter with clay, a soft and sensitive material, infinitely malleable, revealed itself through gesture, guided by the instinctive work of the hand. From this engagement emerge dreamlike, solemn and shifting forms.
Each of her pieces is composed of stackable modules. Margaux models, cuts, shapes, assembles and builds this white earthenware through a long, meditative process in which thought and intuition guide the hand. The contours of the works emerge through both their voids and their solids, through multiple elements grafted onto a central axis.
In a play of balance and verticality, elements rest, slide and interlock within one another to form a sculptural whole, creating coherent assemblages. These structures establish the foundations of a visual language in which each form finds its place and contributes to a singular expression. Each module, taken individually, can be seen as a word. Assembled, they form structures akin to sentences, autonomous plastic statements. Each piece thus develops its own system, a silent syntax that never repeats itself, whose meaning is constructed through the relationships between elements.
Color, essential within this grammar, supports the presence of each relief. It appears in touches, sometimes fading into one another or unfolding in flat areas achieved through low-temperature firing. The stillness of the forms resonates with the vibratory details applied to their surfaces. Before glazing, Margaux tests her palettes through numerous small tiles of glazed clay, exploring combinations like a puzzle. This research, like the modeling itself, stems from an intuitive and demanding search for balance and harmony, where each combination is tested, adjusted, almost listened to.
After firing, pieces that appear complete find their true resolution outside the studio, in a final articulation: the encounter with a place, a light, bodies, and resonances that extend them beyond themselves. This moment continues their development. The encounter is not secondary; it is a decisive stage, as if the work still called for a final completion. In this relationship with its surroundings, the ceramicist recognizes the culmination of the process, as if each sculpture were meant to come alive by finding its place elsewhere.
Her work asserts a strong plastic ambition: to create objects that evoke as much as they impose themselves. Presences.
Margaux Vie est artiste céramiste. Formée aux Beaux-Arts de Toulouse, Margaux Vie débute son parcours artistique par la photographie et le graphisme. Elle exerce d’abord dans le domaine de l'image, travaillant pour les autres, dans un univers numérique porté par l’accélération des réseaux. Се rythme, marqué par une saturation visuelle et une temporalité très rapide, crée un décalage profond avec sa propre sensibilité. Cette impossibilité de se déployer uniquement dans un espace virtuel la pousse à explorer de nouveaux médiums ; la rencontre avec l’argile, matière souple et sensible, modelable à l’infini, se révèle à Margaux dans le geste, guidé par le travail instinctif de la main. De cet engagement, ainsi que de sa haute sensibilité et générosité, naissent des pièces oniriques, solennelles et mouvantes.
Chacune de ses pièces est constituée de modules empilables et empilés. Margaux modèle, coupe, façonne, assemble, empile, construit cette faïence blanche dans un long processus méditatif, où la pensée et la main intuitives guident le façonnage. Les contours des pièces émergent dans notre regard, autant par leurs vides que par leurs pleins, à travers de multiples éléments greffés sur une colonne centrale.
Dans un jeu d’équilibre et de verticalité, des éléments viennent se poser, se glisser et s’emboîter dans un module qui les précède et les accueille, pour former un totem esthétique, créant ainsi des assemblages harmonieux. Ces agencements posent les bases d’un langage plastique, où chaque forme trouve sa place et participe à une écriture singulière. Chaque module, pris isolément, pourrait être envisagé comme un mot. Assemblés, ils composent des structures qui s’apparentent à des phrases, des énoncés plastiques autonomes. Chaque pièce développe ainsi son propre système, une syntaxe silencieuse qui ne se répète jamais, et dont le sens se construit dans la relation entre les différents éléments.
Les couleurs, essentielles dans cette grammaire, étayent l’existence propre de chaque relief. Elles se répondent par touches, s’éteignent parfois l’une dans l’autre ou se répondent avec simplicité dans des aplats, obtenus grâce à une cuisson à basse température. Le hiératisme des ensembles s’accorde avec justesse à la vibration des détails appliqués sur les surfaces. Préalablement à la mise en couleur de ses pièces, Margaux teste ses palettes à travers de multiples petits carreaux d’argile émaillée et, dans un jeu de puzzle, explore les associations possibles. Ainsi, cette recherche procède, comme le modelage, d’une quête intuitive exigeante d’équilibre et d’harmonie, où chaque accord est éprouvé, ajusté, presque écouté.
A l’issue de la cuisson, les pièces d’apparence pourtant achevées trouvent leur finalité, hors de l’atelier, dans un ultime emboîtement : celle de la rencontre possible avec un lieu, une lumière, des corps et des résonances qui la prolongent hors d’elle-même. Ce moment en poursuit l’élaboration : la rencontre n’y est pas secondaire, elle constitue une étape décisive, comme si l’oeuvre appelait encore un dernier accomplissement. La céramiste reconnaît alors, dans cette mise en relation avec ce qui l’entoure, l’aboutissement du processus - comme si chaque sculpture était destinée à s’animer en trouvant ailleurs sa juste place.
Son travail affirme alors une ambition plastique forte : créer des objets qui évoquent autant qu’ils s’imposent. Des présences.